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Province des Banwa : SOS pour Sami, une commune rurale qui se meurt !

mercredi 16 novembre 2016

La commune de Sami, située dans la province des Banwa, dans la Région de la Boucle du Mouhoun, traverse des difficultés liées au manque d’infrastructures routières, entre autres. Outre cela, le Maire de la commune Dembélé G. Francis estime que Sami n’est pas encore prête pour être érigée en commune, alors que c’est ce qui a été décidé par les autorités. Il nous en parle dans l’interview qui suit.

Province des Banwa : SOS pour Sami, une commune rurale qui se meurt !

Comment avez-vous vécu les élections dans votre commune ?

Les élections municipales, dans ma commune, se sont bien passées. Nous n’avons pas eu beaucoup de problèmes.

Sous quel signe avez-vous placé votre mandat ?

J’ai placé mon mandat sous le signe de faire avancer les choses, en développant la commune.

Votre commune traverse-t-elle des difficultés ?

En ce qui concerne les problèmes, il y en a beaucoup. Dans la commune, il n’yavait pas d’entente au départ et, il y avait beaucoup de divisions. Il y a aussi l’emplacement de la commune. Nous n’avons pas de route, et n’avons pas accès au chef-lieu de la commune. La population a donc du mal à y aller. Avec tout ceci, c’est difficile, surtout en ces périodes d’hivernage. Ajouté à cela, le problème de budget. Quand l’on parle de budget aussi, avec la mise en place des taxes, les populations, qui ont des problèmes aussi, n’arrivent pas à s’en acquitter. Donc, voici un autre problème, pour vous dire qu’il y a beaucoup à faire…

Comment arrivez-vous à faire rentrer les taxes ?

Dans la commune, il n’y a pas beaucoup d’activités, et les taxes, c’est entre autres sur les charrettes et les armes. Mais il demeure qu’il faut surtout faire rentrer les taxes pour développer la commune.

Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur ?

Les projets qui me tiennent à cœur, il faut dire que dans la commune, le grand problème, c’est l’éducation des enfants. Déjà, l’école est venue tardivement dans notre commune. Nous sommes vraiment en arrière, et jusqu’à présent aussi, nous n’avons même pas de lycée communal. Mais l’année à venir, je tiens à voir si avec un projet, il pourrait nous aider à avoir notre lycée. C’est une grande partie de nos préoccupations. Il y a aussi le problème de la santé humaine. Comme je le disais tantôt, avec l’emplacement de la commune, cela nous cause beaucoup de problèmes. Nous n’avons que trois Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), et si nous avions un 4ème, cela nous arrangerait beaucoup.

Et quel lycée fréquentent les enfants de votre commune, alors ?

Actuellement, il y a des communes voisines qui ont des lycées et où les enfants de la commune vont s’inscrire. Soit c’est à Tansila, Balavé où Kouka…Sinon, nous n’avons toujours pas de lycée.

Avez-vous un appel particulier à lancer ?

Si j’ai un appel à lancer, c’est pour dire que notre commune, vraiment, n’a pas les moyens, c’est une petite commune. Cependant, elle devait quand même pouvoir vivre comme les autres communes. Nous avons les mêmes besoins que tout le monde, donc, il faut que nous soyons soutenus, afin de nous en sortir aussi et nous renforcer.

A quand les lotissements dans votre commune ?

Cela, c’est encore loin. Comme je le disais, c’est une petite commune, et depuis le début, le chef-lieu de la commune a été mal choisi. Je ne sais qui, mais ce qui est sûr, ce n’est pas nous, mais il demeure qu’il a été mal choisi. Une commune, c’est comme un département, et elle vient pour aider les populations. Pour de cas de Sami, on voit surtout que cela vient alourdir les tâches pour la population.
Le village de Sami devait normalement, en découpage, être ajouté à la commune de Fo. Deux villages qui sont de ce côté. Disons, Sami et Priwé. Soit, le chef-lieu de la commune devait être à Priwé, qui est déjà le centre. Même si ce sont les deux villages qui devaient rejoindre Priwé, cela allait nous donner une chance de développement. Sinon, je suis conscient que la commune de Sami ne peut pas se développer parce qu’il n’y a pas d’accès à la commune. Chaque fois, nous sommes en problèmes, si c’est entre les populations elles-mêmes, elles vont dire que c’est un petit village, on ne peut pas le développer, oubliant qu’il n’y a pas d’accès.

J’ai vu un cas semblable, où l’on avait besoin de construire un Collège d’enseignement général (CEG). Quand ils ont dit qu’ils vont le construire à Sami, il y a eu une révolte, parce qu’en son temps, il n’y avait même pas d’école primaire. Là où on était en rencontre dans la salle de la mairie, c’est là-bas que le problème a été évoqué. Les enfants mêmes suivaient les cours dans la salle de réunion de la mairie. Et c’est là qu’ils ont dit qu’on a dit qu’on va construire un CEG. J‘ai dit qu’on va construire un CEG alors qu’il n’y a même pas d’école primaire ? Alors qu’il y a des villages qui sont décarcassés, comme Priwé, comme Sogodjankoli, et les populations elles-mêmes ont cotisé pour construire leurs écoles. Et cela depuis longtemps. Car il y a des enfants qui y ont étudié et sont actuellement soit à Bobo-Dioulasso, à Kouka, à Balavé, à Solenzo. Aujourd’hui, s’il faut construire un CEG, et qu’il faut le faire à Sami, alors que les autres communes n’y auront pas accès, ce sera difficile parce qu’il n’y pas de route, les dix villages n’auront pas accès à cet établissement. Donc, cela a causé beaucoup de problèmes à notre commune, en son temps.

Il n’y a donc pas d’établissement du cycle secondaire à Sami ?

Actuellement, nous avons un CEG. Il reste maintenant le lycée. C’est pour dire qu’on s’est tiraillé en ces temps, on a fait un autre choix, mais là où on voulait que le CEG soit construit, c’était à Priwé. Ils sont venus construire, il y a eu l’ouverture, maintenant il reste le lycée.

Dans ce contexte, quel est le message donc que vous voulez faire passer à l’endroit des autorités ?

Mon appel est que c’est aux autorités de voir, puisque en son temps, on avait suggéré que la commune soit à Priwé. Si la commune était là-bas, cela allait nous aider beaucoup dans notre développement. Puisque Sami c’est un village, on a vu les choses, c’est plus de trente ans que c’est le chef-lieu d’un département. Et jusque-là les habitants ne dépassent pas 500 personnes. Cela veut dire que jusqu’à présent, il n’y a pas de changement. Alors qu’il y a des villages comme Priwé qui ont plus de 2000 habitants, comme Sogodjankoli aussi. En tout cas, c’est vraiment un cri de cœur que nous lançons aux autorités, afin qu’elles voient comment arranger les choses.

Il n’y a pas de route. Et si l’on voit quelqu’un faire des dépenses, c’est pour avoir quelque chose. Si au finish il n’y a pas de bénéfice, cela est inutile donc. Et nous pensons que peut-être que c’est pour cela qu’on ne fait pas de route pour nous, parce que c’est des millions de FCFA qu’il faut dépenser pour cela, et qui peut-être ne va même pas résister, et, après tout cela, ce n’est pas pour aller dans un bon chef-lieu digne de ce nom, donc, on se dit que c’est ce que les autorités pensent, parce qu’il n’y a pas une grande population ici. Nous souhaitons donc qu’on puisse nous demander notre avis avant de faire des réalisations, ce serait mieux que de penser à notre place.

Pour exemple, il y a la réalisation d’un Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) à Sami. Si vous arrivez, c’est tout un hectare qui est fait en bâtiments. Sans demander l’avis des gens, dans ce petit village de 500 habitants. Alors qu’il y a des populations de plus de 2000 personnes dans d’autres villages. Et ces mêmes populations, comme à Sogodiankoli, ont cotisé pour construire leur Centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Un simple CSPS. Ce n’est pas l’Etat qui a construit. Aujourd’hui, avec les taxes, on a des problèmes, et c’est tout cela qui les cause.

Et quel est l’impact sur la commune ?

Depuis que le CMA est là, il ne fonctionne pas. C’est le CSPS seulement qui est fonctionnel. Les gens n’ont pas accès au CMA parce qu’il n’y a pas de route. Cela donne des problèmes pour les taxes. Parce que les populations disent que c’est elles-mêmes qui font leurs réalisations, et on veut leur imposer des taxes encore. Pendant qu’on vient construire un CMA dans ce petit village, qui ne peut même pas mobiliser 50 000 FCFA dans l’année. Vous voyez donc comment cela crée des problèmes. Et comme l’Etat aussi ne demande pas avant de faire, c’est la conséquence…

Interview réalisée par David Demaison Nébié
Lefaso.net

Messages

  • Bien parlé mr le maire, sans commentaire. Il faut que le politique consulte la collectivite locale pour ne pas construire dans l’herbe. Svp aller en tourisme. Merci

  • Pour avoir visité ce village il y a une dizaine d’années, je trouve que l’analyse du maire de Sami est pertinente. En tant que responsable de suivi et évaluation de l’OCADES Nouna, j’y avais conduit une équipe d’expertise en vue de réalisation pour ce village. Nous nous sommes rendu compte que le village ne correspondait pas aux critères définis : l’accessibilité et le nombre d’habitants qui était moins de 500 h. Erigé cependant en préfecture, SAMI était cependant enclavé. Si l’on continue à y installé des infrastructures,c’est bien, mais qui en profite ? Quelqu’un aide à développer cette ville, c’est bien. Mais qu’est ce qui est mieux ^pour la commune ? Il faut être à l’écoute de la population de cette commune dont j’apprécie le courage et la détermination

  • La situation de Sami est vraiment particulière, et apparemment cela n’a pas évolué. En effet l’enclavement de la commune est réel.
    L’accès à la ville de Sami est difficile à cause du relief, sa population est faible, alors que d’autres villages comme Priwé, Saguéta sont plus peuplés est d’accès facile plus que Sami.
    Pourtant la commune abritent de très grands producteurs agricoles (céréales, coton,...)

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