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Commune de Tansila : Le Maire Souleymane Coulibaly appelle à l’union des cœurs

jeudi 17 novembre 2016

Souleymane Coulibaly est Maire de la Commune de Tansila dans la province des Banwa. Il est surtout un animateur de développement local, avant d’être élu. Il a un peu travaillé dans des projets et programmes de développement comme PEDALOU, un projet de l’OCADES, le Programme national de gestion des terroirs (PNGT)… Un acteur du développement local, en résumé. Dans cette interview, il nous parle de sa commune, de certaines divergences politiques et querelles de leadership que sa commune connait.

Commune de Tansila : Le Maire Souleymane Coulibaly appelle à l’union des cœurs

Comment se sont déroulées les élections dans la commune de Tansila ?

Pour parler des élections municipales du 22 mai 2016, vous savez que sur toute l’étendue du territoire national, elles n’ont pas été chose facile. Pour Tansila, vous comprenez aussi que ce ne devait pas être facile, mais je dis merci au Bon Dieu, aux uns et aux autres, aux personnes ressources, car il n’y a pas eu de bagarre dans notre commune. Il y a eu seulement la conquête du pouvoir de la manière la plus sage, cela, je le confirme. Mais vous savez bien aussi que qui dit élections, il y a toujours des brebis galeuses qui s’y trouvent. Cela ne manque jamais dans une localité, mais on a pu les localiser.

Et comment comptez-vous exercer votre mandat ?

Mon mandat est placé sous le signe de la réconciliation. Pourquoi réconciliation ? Parce que lorsqu’on sort des élections, il est clair qu’il y a toujours des tensions qui couvent. Mais si les gens se parlent et qu’il y a réconciliation, il y aura forcément développement. Notre mandat aussi, est axé sur les résultats, puisque c’est ce qui intéresse les gens. Tout ce qu’on va dire, narrer, si toutefois à la fin de notre mandat il n’y a rien, pas de résultats, cela voudra dire que nous n’avons pas travaillé. C’est donc une gestion axée sur les résultats. Nous avons un programme inspiré d’un Plan communal de développement (PCD), et donc, tout ce que la population a mentionné là-dessus, nous allons y avoir un œil et travailler dans ce sens.

En ce qui concerne l’assiette fiscale, avez-vous un plan particulier pour la consolider ?

Je pense que l’assiette fiscale sera améliorée. Etant donné que je n’ai pas été imposé comme maire, ce sont les populations qui m’ont voté, donc j’ai un assez bon pourcentage avec moi, alors, si l’on est d’accord avec moi, cela veut dire que l’on est avec le programme du maire, qui est le programme de la population. En parlant d’assiette fiscale, tout part de la sensibilisation. En sensibilisant les gens, s’ils savent pourquoi ils cotisent, je ne vois pas pourquoi l’assiette fiscale ne sera pas améliorée. En tout cas, je suis certain.

J’ai déjà des projets, parce que le budget primitif passé, c’était lors de notre première session, il y a eu déjà des actions, des améliorations, en lien avec l’assiette fiscale, avec les commerçants. D’entrée de jeu, nous avons eu beaucoup de rencontres avec ceux-ci, et ils ont pris l’engagement. Moi-même j’ai senti cela, après un mois, que les choses ont changé. Avec les services techniques aussi, il y a eu des actions pour voir est-ce que l’assiette fiscale peut être améliorée, notamment avec les acteurs de l’environnement, de la police, entre autres…

Y-a-t-il des projets que vous avez ciblés pour vous accompagner ?

Des projets, je ne peux pas affirmer. Mais déjà, il y a des projets qui nous accompagnaient, et qui continuent de nous accompagner, alors, à part ces projets, il n’y a pas de projet à l’horizon, mais, c’est mon souhait le plus ardent, une localité ne peut pas se développer sans projet. Surtout en ce qui concerne les questions liées au foncier, ce n’est pas aussi facile chez nous.

Il y a beaucoup de problèmes. Nous sommes en bons termes avec les autorités de la frontière, au Mali. On se frotte, on se fréquente, les populations aussi se fréquentent. Du moment où les populations voient les autorités ensemble, cela les tranquillise. Sinon, il y a des Maliens qui cultivent sur le sol burkinabè, comme aussi il y a des Burkinabé qui cultivent sur le territoire malien. Mais entre nous, on arrive à gérer ces problèmes. Mais ce n’est pas chose facile…

Comment comptez-vous gérer la commune ?

Comment je compte gérer la commune ? Il faut dire que mon premier mandat, c’était un mandat de transition, si on peut l’appeler ainsi, parce qu’on a fait juste un an et demi, et entretemps, le pays a basculé, alors, cette fois-ci, s’il n’y a pas de trouble dans le pays, nous allons tenter de faire ce que nous pouvons pour la commune de Tansila, parce qu’une commune ne peut pas se développer sans route. Cela, nous n’en avons pas les moyens. Vous-même avez constaté, puisque vous êtes venu, il n’y a pas de route. S’il y a la route et l’électricité- cela aussi on y croit, puisqu’il y a déjà des annonces qui sont là à travers les poteaux électriques-, en plus de cela, Tansila n’est pas loti. Si on arrive à le faire, ce sera vraiment le levier de développement de notre chère commune. Nous sommes en train de travailler dans ce sens, nous sommes en train de taper à toutes les portes, pour que l’Etat nous accompagne pour que ce soit une réalité. La commune de Tansila compte 26 villages, avec 52 conseillers municipaux. Sur ces 52, j’ai été choisi par 42, ce qui veut dire que seuls 10 n’ont pas voté pour moi.

Il semble qu’il y a eu des bisbilles entre vous et l’ex Député Aboubacar Sanou ex député du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)…

J’ai pris cela à la légère entretemps, mais après, j’ai compris que c’était sérieux, depuis l’insurrection. Sinon, nos malentendus ont commencé avant l’insurrection. Parce qu’en 2012, il avait été élu député. Nous avons battu la campagne ensemble pour lui, et pour nous tous en même temps. Et après, nous aussi sommes devenus maires. Je pense qu’entre un maire et un député, c’est une complémentarité. Il ne doit pas y avoir d’hiérarchisation. C’est peut-être ce qu’il n’a pas compris. Il a voulu nous traiter comme ses enfants. Nous avons refusé cela.

J’ai dit tantôt aux autres maires de nous rassembler pour créer un cadre de concertation, parce qu’il y a des problèmes à Kouka, Tansila, un peu partout dans les communes, mais si on ne se retrouve pas pour que chacun parle de ses problèmes, pour nous entraider en termes d’innovations, d’idées, et nous donner des conseils, ce serait difficile. Donc, la première rencontre s’est tenue ici, à Tansila, un jeudi. Nous avons profité de cela pour rendre visite aux autorités maliennes. Et ce jour, moi je ne sais pas qui le lui a dit, de toute façon ce n’était pas caché, mais pour lui, moi je montais un coup contre lui. En invitant les maires ici. J’ai un parent ici, Guillaume, et on a dit que je suis en train de battre campagne pour celui-ci, en vue des élections qui venaient.

Je me suis dit qu’il s’est trop trompé, parce que pour un député, si tu apprends que des maires se sont concertés, tu dois en être fier, parce que les problèmes des communes, ce sont les maires qui les maitrisent. Forcément, nous allons te faire un compte-rendu, et tu dois nous accompagner dans ce sens, nous encourager à persévérer dans ces entretiens et concertations, et du coup, cela te fais de la force. Il a mal compris cela, jusqu’à ce que cela devienne une crise entre nous. Jusqu’à ce que l’insurrection arrive, il a tapé sa poitrine et a dit bon, ça tombe bien, si lui est vivant, je ne serai plus maire. Je n’étais pas le seul indexé. Il y avait le maire de Kouka, celui de Balavé, mais lui il n’est plus revenu, mais ce n’est pas lui qui a fait, ce sont les populations, donc, on était vraiment indexé que nous ne devrions plus revenir gérer les affaires de la commune. Mais Dieu merci, nous sommes revenus, et il ne nous a pas fait signe pour nous féliciter. Mais je pense que ce n’est pas comme cela que l’on doit agir, car la politique, ce n’est pas la guerre, donc, du moment où on est élu, nous sommes de la même province, nous ne devons pas dire que Aboubacar est indispensable dans cette province, on ne peut pas non plus dire qu’il est inutile, non ! Il va servir la province un jour, donc, je veux que s’il peut mettre un peu d’eau dans son vin, qu’il revienne, qu’on s’asseye sur la même table pour discuter, nous sommes des frères, alors, si quelqu’un trouve qu’il a tort, ou que si l’on trouve une formule de réconciliation pour aller sur de nouvelles bases, cela va mieux nous arranger.

Apparemment, vous avez une bonne stratégie pour vous faire élire…

Il n’ya pas de stratégie pour un maire d’être élu. Il faut tout simplement être droit, c’est la seule manière. Sinon, il n’y a pas de stratégie pour être maire. J’ai fait un an et demi, la population n’a pas perdu confiance, donc, elle a estimé que si je fais cinq ans, je peux mieux faire, donc, je pense que c’est dans ce sens que les gens m’ont fait confiance et je suis revenu.

Ne craignez-vous pas des problèmes pour mener à bien votre mandat ?

Je n’aurai pas de problème, puisque le président de la délégation spéciale n’est plus là, et c’est un nouveau préfet qui est là. Mais il faut dire honnêtement que nous n’avons pas apprécié le travail de la délégation spéciale. Ce n’est pas seulement à Tansila, mais je vais parler de Tansila. Nous ici, n’avons pas apprécié le travail de la délégation spéciale, et je ne sais pas si c’est la tête qui ne fonctionnait pas bien, ou bien les autres, mais le serpent ne peut pas avancer sans la tête. Et si dans la tête il y a un problème, donc la suite aura des problèmes. En tout cas, nous n’avons pas apprécié le travail de la délégation. Nous ne souhaitons pas au Burkina qu’il y ait une sorte de délégation encore.

Avez-vous quelque chose de particulier à ajouter ?

S’il y a quelque chose à ajouter, c’est pour vous remercier, vous qui vous déplacez dans les petites localités, pour que les gens puissent avoir de nos échos dans d’autres localités aussi. Aussi, il faut voir du côté de l’Etat, car quand l’on dit Etat, c’est travailler à ce que vos conditions d’exercice de vos tâches soient améliorées. Vous avez pris la route, je ne sais pas comment vous vous êtes arrangé, mais je sais que c’est un effort que vous avez fait pour venir à Tansila. Je souhaite en tout cas que les conditions de travail soient améliorées. Honnêtement. En plus de cela, je veux parler à la population de Tansila. Parce que s’il n’ya pas de paix, il n’y a pas de développement. La paix qu’il y a à Tansila, je souhaite que cela soit consolidé. Cela est déjà un acquis. Les concertations qui sont déjà là entre les uns et les autres, entre les services, vraiment, nous travaillons en de bons termes avec tout le monde, les personnes ressources, les partis politiques, entre autres. Il n’y a pas de bagarre à Tansila. En tout cas, je souhaite que cela soit perpétué…

Interview réalisée par David Demaison Nébié
Lefaso.net

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