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‘‘Je ne connaissais pas la politique, mais j’ai été désignée par les populations qui pensaient que j’en avais les capacités’’, Niamoukara Joséphine, maire de la commune de Kiembara

LEFASO.NET | David Demaison Nébié

lundi 10 juillet 2017

Kiembara est une commune rurale dans la province de la Kossi. Elle est composée de 14 villages. Elle s’étend sur une superficie de 718 km² et est située à 45 km de Tougan et à 135 km de Dédougou.

‘‘Je ne connaissais pas la politique, mais j’ai été désignée par les populations qui pensaient que j’en avais les capacités’’, Niamoukara Joséphine, maire de la commune de Kiembara

Le village aurait été fondé il y a environ 7 siècles par un homme du nom de BIA. Kiembara est une déformation de « Kiè-darè » qui signifie en langue San « mes frères arriveront bientôt » (telle aurait été la réponse de Bia au génie qui l’a interrogé à son arrivée). En effet, Bia aurait été rejoint par ses frères Sané et Toro et ils constitueront tous trois la grande famille TOPAN. Cette dernière s’est subdivisée pour donner les trois plus grands quartiers de Kiembara qui sont :Tiogolo (Bia), Mougoulo (Sané) et Sompara (Toro). Sont arrivées bien plus tard les familles WARO, KOMBO, YARO, FORGO, SARAMBE, KOUSSOUBE, ZOUGOURI, WARMA, GUIRE, TINGUERI, SABO, ZERBO, TAO, NIAMOUKARA.

Le chef de terre est en même temps chef coutumier. L’actuel chef est un jeune de 10 ans et est représenté par Labiri TOPAN. Il représente l’autorité suprême dans le pouvoir traditionnel. Ce pouvoir, (traditionnel) est détenu par la grande famille TOPAN au sein de laquelle le chef coutumier est désigné.

Cependant au cas où le chef décède, la famille WARO assure l’intérim du pouvoir pendant sept (7) ans. Le pouvoir passe ensuite aux mains des TOPAN après que le nouveau chef ait été désigné par la terre et intronisé par la famille WARO. Dans l’exercice du pouvoir, le chef coutumier est aidé par huit (8) personnes qui sont les suivantes : Le ZINGAKIRI qui occupe les fonctions de premier « ministre », le TINKRI, le chef fossoyeur, le GUIKIRI chef de la jeunesse, le KOGNAKIRI chef forgeron, le PARI chargé du protocole, BOUEEREKIRI chargé de déterminer le mois lunaire pour la fête coutumière ou rituelle, le LOGOKIRI responsable de la battue.Ces dignitaires sont désignés dans des familles bien déterminées.

Kiembara dispose comme infrastructures économiques de 76 boutiques construites au marché, une boucherie, une gare routière, une aire d’abattage, etc… En infrastructures culturelles, on note le centre populaire de loisir. Nous avons rencontré Madame le maire de cette localité à Dédougou lors de l’atelier de formation des maires et présidents des conseils régionaux tenu à Dédougou les 15 et 16 juin 2017 sous le thème : « opérationnaliser les fonctions stratégiques des plans locaux de développement pour porter les taux de réalisation des efforts attendus des PCD à 75% à l’horizon 2020 conformément à la cible du PNDES ». Interview exclusive.

Est-ce que Madame le maire peut se présenter ?

Je suis NIAMOUKARA Joséphine, maire de la commune rurale de Kiembara, province du Sourou, région de la Boucle du Mouhoun. Je suis née le 21 juillet 1965 à Kiembara, j’ai fait mes études primaires à Kiembara ici, le collège à Ouahigouya et à Tougan. J’ai d’abord été à l’environnement comme animatrice de projets. Ensuite j’ai été recrutée en 1992 comme agent de bureau dans la commune de Kiembara qui était PDS. En 2006 j’ai été élue comme maire de la commune et je suis à mon troisième mandat.

Comment êtes-vous arrivée à la tête de la commune de Kiembara ?

Je ne connaissais pas la politique en son temps, mais j’ai été désignée par les populations qui pensaient que j’avais les capacités de diriger la commune. J’ai beaucoup hésité avant d’accepter parce que j’estimais que j’étais trop jeune pour me lancer dans une telle aventure. Grâce aux encouragements des gens, j’ai accepté et je vois qu’aujourd’hui ça va, j’acquiers de nouvelles compétences à chaque mandat. Pour le moment tout se passe bien.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans votre mandat ?

Les difficultés ne manquent pas parce que c’est la vie même qui est comme ça. Même le fou qui se promène à ses problèmes. Quand on est devant un groupe il faut savoir faire face à toutes les situations. Il y a des gens qui aimeraient occuper ta place et je trouve que c’est normal que les choses soient ainsi. Rien ne se gagne facilement.

Sous quel signe placez-vous ce troisième mandat ?

Je place mon troisième mandat sous le signe du développement intégral. Nous voulons atteindre le stade de commune urbaine comme Gourcy et Toma avec lesquelles Kiembara a été érigé en commune depuis 1995. Nous avons l’ambition d’ériger Kiembara en province. Le dossier était avancé mais avec les évènements d’octobre 2014, les choses ont un peu ralenti. Néanmoins nous suivons de près le dossier au niveau de l’administration centrale.

Pour la mobilisation des recettes, que comptez-vous faire ?

Pour les recettes fiscales, nous comptons sensibiliser nos populations pour qu’elles comprennent leur rôle dans le développement de la commune. Même si vous avez des partenaires qui vous soutiennent, il faut que vous montriez votre volonté à aller de l’avant. Comme on le dit, ‘’si on te lave le dos, il faut que toi tu te laves le ventre’’. Donc nous travaillons pour cela et ça commence à donner des résultats.

Avec quels moyens comptez-vous réaliser vos projets de développement ?

Les moyens c’est de chercher des partenaires pour nous aider et compter surtout sur les recettes propres. Nous devons aussi faire des bilans périodiques de notre gestion pour que les populations nous fassent confiance. Sans cela, rien ne peut marcher. Notre vision c’est de faire de Kiembara une commune émergente à l’image des communes urbaines environnantes. Faire adhérer les populations à nos objectifs pour avancer.

Quelles sont les contraintes que vous rencontrez ?

Les contraintes majeures c’est l’état des routes qui ne sont pas favorables à la circulation. Nous sommes situés sur un grand axe allant à Gourcy et Ouahigouya mais le mauvais état ne permet pas aux grandes compagnies de venir. Cela freine beaucoup nos efforts.

Y a-t-il d’autres problèmes ?

Il y a le problème d’eau dans certains villages tel que Ouélé où la situation est un peu criarde. Il y a des forages dans les villages mais certains sont en panne. Nous œuvrons pour améliorer considérablement ce problème d’eau.

Au niveau de l’éducation, nous avons œuvré à obtenir une école dans chaque village pour rapprocher l’école des enfants, mais il y a des classes sous paillottes. Ces salles doivent être construites.

Au niveau de la santé, nous envisageons ériger le Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) de Kiembara en Centre Médical avec Antenne Chirurgicale (CMA) pour l’amélioration des soins. Pour cela, beaucoup de réalisations sont faites et nous sommes en droit d’attendre un médecin. Pour les autres villages, il y a des CSPS construits mais non fonctionnels pour le moment parce qu’il manque certaines dispositions. Nous souhaitons vivement que toutes les conditions soient réunies à temps pour que ces CSPS s’ouvrent pour soulager les populations. Il y a le village de Bambara qui a bénéficié du soutien des Coopérants Chinois et leur CSPS est en voie d’ouverture. C’est un plus puisque ce n’était pas prévu dans nos programmes.

Une de nos préoccupations majeures est la construction du marché de Kiembara. Pour un développement véritable, nous pensons qu’il faut un marché à la hauteur des attentes, Kiembara étant un carrefour. Cette réalisation nous tient beaucoup à cœur et nous cherchons à mobiliser les moyens pour cela.

D’aucuns vous qualifient de femme battante ? Qu’en dites-vous ?

Femme battante, c’est parce que je me bats pour Kiembara et je ne me laisse pas marcher dessus quand je suis convaincue de ma raison. C’est la vie même qui est comme ça. Il faut se battre tout le temps pour obtenir ce qu’on veut.

D’aucuns disent que vous entretenez de bonnes relations avec les femmes de la commune. Quel est votre secret ?

Oui je collabore bien avec les femmes et avec les hommes également. Je ne néglige personne. Il y a une confiance mutuelle entre les populations et moi, ce qui fait que je n’ai pas trop de soucis dans la commune.

Quel est votre dernier appel à l’endroit des populations de Kiembara ?

Mon appel c’est d’inviter les populations au travail pour le développement de Kiembara. Je leur dis merci pour la confiance qu’elles m’accordent et je leur demande d’adhérer aux actions que nous proposons. De nos jours, c’est une compétition entre communes pour le développement et c’est aux populations de se battre d’abord pour leurs communes avant le soutien de l’Etat ou des partenaires. Aux hommes politiques, je leur demande de mettre l’intérêt de la commune de Kiembara au-dessus de tout. Je demande leur accompagnement. Que par moment nous taisions les querelles politiciennes pour faire face aux défis. Je reste ouverte à tous les apports pour que Keimbara avance.

David Demaison NEBIE
Lefaso.net

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