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Espace de dialogue communal de Kiembara : Le bilan 2016-2017 présenté aux populations

LEFASO.NET | Par David Demaison Nébié

jeudi 3 août 2017

Le jeudi 27 juillet 2017, le conseil municipal de Kiembara s’est engagé à organiser un espace de dialogue communal pour rendre compte de son action et recueillir des propositions et suggestions en vue d’améliorer sa gestion. Pour cause, les habitants de la commune ont droit à l’information sur la gestion des affaires locales.

Espace de dialogue communal de Kiembara : Le bilan 2016-2017 présenté aux populations

Des actions et investissements visant l’amélioration des conditions de vie de la population ont été réalisés par le conseil municipal avec l’appui de l’Etat burkinabè et des partenaires au développement. Convaincu que l’adhésion des populations à ces actions constitue un facteur déterminant pour le succès de celles-ci, le conseil municipal de Kiembara localité située au Nord-Est de la province du Sourou, s’est engagé avec l’appui d’un partenaire, à organiser un espace de dialogue communal.

Ce droit s’exerce entre autres par leur participation aux débats publics organisés par le conseil sur les projets et programmes locaux de développement et sur les grandes orientations du budget. Le présent espace de dialogue a eu pour objectif de promouvoir la culture de la redevabilité et de bonne gouvernance autour de l’action du conseil municipal pour une pleine adhésion des différents acteurs et partenaires de la commune.

Il s’est agi de rendre compte des actions du conseil municipal et des autres acteurs de développement de la commune à la population ; permettre d’interpeller directement le maire et le conseil municipal sur des préoccupations diverses en lien avec le bien-être des populations et plus globalement le développement de la commune, permettre au conseil municipal d’interpeller les citoyens sur leur contribution dans la mobilisation des ressources, recueillir des propositions et suggestions pour l’amélioration de l’action d’ensemble du conseil municipal et de permettre aux citoyens de se familiariser avec les approches en matière d’interpellation des autorités locales. Pour atteindre ces objectifs, Madame le maire Niamoukara Joséphine a invité le nombreux public venu des quatre contrées du pays à faire preuve d’écoute active et de tolérance, d’acceptation de l’autre et de respect mutuel.

Nous vous proposons un extrait du bilan de l’action du conseil municipal de Kiembara au cours de ses deux années de mandat.

Situation de la commune sur les domaines transférés

Le transfert de compétences de l’Etat aux Collectivités Territoriales dans son principe doit être accompagné de transfert de ressources nécessaires à la mise en œuvre de ces compétences. Au regard des ressources financières et humaines très limitées de l’Etat, le transfert se fait selon la règle de la progressivité et le principe de la subsidiarité. Toutes ces raisons font que jusqu’à nos jours, le transfert n’est pas encore effectif dans tous les domaines. Pour l’instant, le transfert est effectif dans le domaine du préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’alphabétisation ; la santé et de l’eau et assainissement. Toutefois, la commune agit en collaboration avec l’Etat et les partenaires techniques et financiers dans plusieurs domaines.

L’éducation

Dans le domaine de l’enseignement primaire, en plus des ressources transférées par l’Etat en accompagnement des compétences transférées, le conseil municipal avec l’appui des partenaires techniques et financiers a mobilisé d’importantes ressources pour la réalisation des infrastructures, l’équipement et le fonctionnement des écoles. Malgré les efforts consentis dans la construction des salles de classe, on dénombre 49 classes sous paillottes. Pour l’exercice budgétaire 2017, les transferts de l’Etat dans le domaine de l’éducation s’élèvent à 84.107.545 francs répartis comme suit : 16.620.000F pour la construction et l’équipement de deux salles de classe à Kiembara pour le préscolaire, 4.200.000F pour la construction d’une latrine à quatre postes, 2.772.000F pour la réfection de salles de classe, 15.964.699F pour l’acquisition de fournitures scolaires, 2.172.600F pour l’acquisition des consommables scolaires, 41.676.246F pour l’acquisition de vivres pour les cantines scolaires.

Les difficultés rencontrées au niveau de l’enseignement primaire sont entre autres : l’insuffisance de salles de classe, l’insuffisance de table-banc, l’insuffisance de mobilier pour les enseignants (chaises, armoires, bureaux), le mauvais état de certaines salles de classe, le nombre élevé de classes sous paillotes, le manque de forage et de latrines dans bon nombre d’écoles. Bien que l’enseignement secondaire ne soit pas transféré aux communes, le conseil municipal œuvre pour l’ouverture de quatre Collèges d’Enseignement Général (C.E.G) respectivement à Bangassogo, Ouéllé, Dio et Kiembara pour rapprocher ce service des populations et résorber les effectifs parfois trop élevés. La commune de Kiembara compte en plus de ces établissements publics, deux lycées privés d’enseignement général.

Sur le plan de la santé

Avec le transfert de compétences et de ressources, la commune de Kiembara intervient dans bon nombre d’activités au niveau sanitaire. Cependant, au cours des deux dernières années, la commune n’a pas reçu de transfert de l’Etat pour la réalisation d’infrastructures sanitaires. Pour cette année, les transferts des ressources de l’Etat pour le fonctionnement des Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) s’élèvent à 8.851.318 F. A ce jour, la commune de Kiembara compte 10 formations sanitaires dont 6 fonctionnelles. Nous œuvrons activement à l’ouverture progressive des formations sanitaires restantes.

Le 8 juillet 2017, nous avons procédé à l’ouverture officielle du CSPS de Bambara qui porte à 7 le nombre de formations sanitaires ouvertes et à la remise officielle d’une nouvelle ambulance offerte par le Programme d’Appui au Développement Sanitaire (PADS) aux responsables sanitaires de la commune. Il nous reste encore l’ouverture des CSPS de Gan, de Gouyalé et de Gouéré dont les infrastructures ne sont pas au complet. A cela s’ajoute le manque d’équipements et de personnels. Le CSPS de Kiembara a été érigé en Centre Médical. Pour ce faire, de nouveaux bâtiments ont été construits, les anciens locaux réhabilités et le forage a été transformé en adduction d’eau potable simplifiée. Un médecin a été affecté. Nous assistons aux monitorings des différentes formations sanitaires. Aussi, nous avons un regard sur la gestion des formations sanitaires à travers la mise en place des Comités de Gestion (COGES). La commune appuie également dans la limite de ses moyens, les campagnes de sensibilisations et de vaccinations organisées par les formations sanitaires.

L’eau et assainissement

Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable, la commune de Kiembara dispose de trois adductions d’eau potable simplifiées (AEPS) notamment à Kiembara, Dio et Bangassogo (réalisée en 2016 sur financement de l’Etat), 82 pompes à motricité humaine et des puits. Pour les années 2016 et 2017, la commune n’a pas reçu de transfert de l’Etat dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable. Néanmoins, elle a réalisé un forage pour l’aire d’abattage en 2016 et a programmé la réhabilitation du forage du CSPS de Ouéllé pour cette année.

Aussi, à travers de multiples plaidoyers de la commune à la direction régionale de l’eau et de l’assainissement, la ville de Kiembara bénéficiera de la réhabilitation de l’ancien réseau de l’AEPS de Kiembara, une extension à travers la réalisation d’un nouveau forage avec trois nouvelles bornes fontaines et dix branchements privés en cours. Dans le domaine de l’assainissement, aucun transfert de l’Etat n’a été fait au profit de la commune. Cependant en 2017, 125 latrines familiales ont été réalisées dans les villages de Bangassogo, Gorgaré, Kirio, Sissilé et Kouygoulo.

Contraintes et perspectives

Dans la mise en œuvre de son programme de développement, la commune se trouve confrontée à des difficultés essentiellement d’ordre financier. En effet, on note une faible capacité financière de la commune due à la faiblesse des recettes fiscales et non fiscales. Cette situation s’explique d’une part, par l’insuffisance des infrastructures marchandes et d’autre part, par le faible niveau de diversification des activités économiques orientées essentiellement vers le secteur agricole qui demeure faiblement fiscalisé.

Pour cette année particulièrement, on note un faible recouvrement des recettes propres dû aux différentes grèves des agents des finances chargés d’accompagner la commune dans le recouvrement des impôts et taxes ; l’éloignement des services des impôts par rapport aux contribuables et la faible implication des collecteurs. Aussi, les mauvaises récoltes de la campagne agricole 2016 ont rendu les contribuables plus vulnérables, rendant difficile le recouvrement de certaines taxes. A tout cela, il faut ajouter l’incivisme fiscal qui prend des proportions inquiétantes.

En outre, l’administration communale ne dispose pas de cadres spécialisés en montage, planification et recherche de financement pour l’exécution de projets d’envergure. Enfin, le développement de la commune ne saurait être seulement l’affaire du maire et de l’administration communale. L’ensemble des conseillers municipaux et des autres acteurs de la commune doivent fortement s’impliquer.

Cependant, force est de constater que les commissions permanentes ne fonctionnent pas du fait du manque de moyens, mais aussi et surtout le faible niveau d’instruction ou l’analphabétisme des conseillers municipaux qui fait que même s’ils ont la volonté de participer aux débats et de susciter des initiatives, se trouvent confrontés à la difficulté de communication.

Les perspectives

Au vu de ce qui précède, les priorités de la commune pour le développement local seraient de renforcer les capacités du personnel de la mairie et des élus locaux pour une meilleure mise en œuvre et un meilleur suivi des initiatives de développement ; accroître les capacités financières de la commune par l’élargissement de l’assiette fiscale, la redynamisation et le suivi régulier des acteurs de recouvrement notamment les collecteurs, l’implication effective des conseillers, des CVD et autres leaders d’opinion et la multiplication des sensibilisations sur le civisme fiscal ; consolider les partenariats existants et rechercher autres partenaires techniques et financiers pour la mise en œuvre du Plan Communal de Développement.

Voici ainsi présenté le bilan de l’action du conseil municipal de Kiembara au cours de ses deux années de mandat. Des acquis certes, mais de nombreux défis restent à relever. En effet, dans ce contexte de décentralisation marqué par la responsabilisation totale des communautés à la base qui doivent désormais internaliser et s’approprier les actions de développement les concernant, il est plus que jamais nécessaire pour nous de fédérer nos efforts dans un esprit de solidarité et de fraternité pour relever le défi du développement de notre commune. Pour ce faire, la commune de Kiembara s’est dotée d’un Plan Communal de Développement qui est le référentiel pour le développement de notre commune pour la période 2015-2019.

L’objectif global du PCD qui est de créer les conditions d’un développement socioéconomique, environnemental, culturel et institutionnel à travers la maîtrise d’ouvrage des investissements planifiés repose sur quatre axes d’intervention d’un coût global de 645.594.000 FCFA. Au regard de l’étroitesse de notre assiette fiscale et de nos capacités de mobilisation des recettes propres, le recours aux partenaires au développement est un impératif pour une mise en œuvre réussie de notre PCD.

C’est pourquoi tout en saluant à sa juste valeur les efforts déjà consentis à notre égard, je lance un vibrant appel aux partenaires techniques et financiers, aux fils et filles de Kiembara et en particulier aux ressortissants afin que chacun dans son domaine d’intervention et dans la limite de ses possibilités nous viennent en aide pour la mise en œuvre de notre PCD. A tous les membres du conseil municipal et des conseils villageois de développement, nous adressons nos sincères remerciements pour leur participation active à la mise en œuvre de nos actions de développement.

Nous leur demandons de rester disponibles et déterminés pour la suite du combat. Nous faisions une mention spéciale au partenaire du jour qui a permis la tenue de ce présent espace de dialogue et pour son appui technique et financier combien inestimable à l’égard de notre commune. Nous réitérons notre gratitude à l’ensemble des partenaires techniques et financiers, aux services techniques déconcentrés de l’Etat, aux responsables coutumiers et religieux, aux représentants des ONG et associations diverses, aux ressortissants et toute la population de Kiembara pour leur disponibilité et pour leur contribution de qualité pour le rayonnement de notre commune ».

Au cours de cet espace de dialogue une quête a été organisée et a donné la somme de 57.135F.

David Demaison NEBIE
Lefaso.net

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