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Covid-19 : « On guérit bien de cette maladie » Aboubacar Sanou, président du conseil régional de la Boucle du Mouhoun

LEFASO.NET

jeudi 9 avril 2020

A la date du 07 avril 2020, le Burkina Faso compte 134 guérisons. Le président du conseil régional de la Boucle du Mouhoun guérit du Covid-19, a accepté de nous recevoir, mercredi 08 avril, dans son bureau. Dans cet entretien Aboubacar Sanou nous raconte de bout en bout le déroulement de sa prise en charge. Il revient aussi sur les mesures adoptées pour protéger ses proches et qui l’ont permis d’être aujourd’hui sorti d’affaire.

Covid-19 : « On guérit bien de cette maladie » Aboubacar Sanou, président du conseil régional de la Boucle du Mouhoun

Lefaso.net : Comment vous vous sentez après cet épisode de Covid-19 ?

Je me porte très bien aujourd’hui, vous le constatez, j’ai repris service effectivement. J’ai été testé positif au coronavirus cette maladie qui a apparu en décembre 2019 en Chine et les premiers cas ont été enregistrés au Burkina le 09 mars 2020.

Lefaso.net : Expliquez-nous, comment avez-vous contracté le virus ?

Vous savez les hommes politiques comme moi sont beaucoup exposés, car ils travaillent avec de nombreuses personnes et ont beaucoup de contacts. En effet le 10 mars 2020, nous étions en rencontre à Boromo avec des partenaires et de là, je me suis rendu à Ouagadougou le même jour. J’ai rencontré d’autres partenaires à Ouagadougou. De retour à Dédougou, je fus informé le mardi 17 mars qu’un de mes contacts a été testé positif. Tout de suite, j’étais un cas suspect. Je me suis confiné dans mon domicile et je n’ai plus mis un pied dehors.

Lefaso.net : Quelle a été votre réaction dès lors que vous aviez su que vous étiez une personne contacte ?

J’ai à mon tour appelé les personnes qui ont été en contact avec moi leur demandant de se confiner et de respecter toutes les recommandations pour se protéger et protéger leur entourage du virus.

Lefaso.net : Avez-vous connu des symptômes avant les résultats du test ?

Oui, plus ou moins ! J’ai commencé à sentir des signes dès le jeudi, mais ce n’était pas des signes de gravité. Etant moi-même un agent de santé (Ndlr : attaché de santé), dès que j’ai ressenti la fièvre, j’ai fait une prise de température qui était de 37,9°. C’était une fébricule, mais ma gorge grattait et mes narines s’étaient bouchées. J’ai jugé bon d’alerter les agents de santé pour faire un prélèvement, car j’avais des signes de grippes.

Lefaso.net : Après la prise de contact avec les agents de santé, avez-vous été référé pour le suivi sanitaire ?

Non, j’ai été suivi de bout en bout à la maison après le résultat livré positif. Là, j’ai renforcé les mesures de confinement et les mesures de prévention chez moi à domicile.

Lefaso.net : Comment s’est passé ce suivi sanitaire chez vous à domicile, car à cette période (le 16 mars) les cas positifs étaient référés, à l’hôpital de Tengandogo à Ouagadougou ?

Quand j’ai été testé positif, il faut dire que j’ai pris de l’AZIX sous la prescription médicale d’un médecin. Une équipe de la direction régionale de la santé est venue me voir. Les infirmiers et les médecins m’appelaient chaque jour pour voir l’évolution. Il venait pulvériser la maison et me donnaient des conseils. J’ai pris les médicaments durant six jours.

J’ai aussi payé du doliprane pour la fièvre, mais je n’ai pris aucun comprimé de doliprane et la fièvre est passée. J’ai néanmoins ajouté de la chloroquine pour le traitement, car on avait des informations que la chloroquine avait des effets sur le coronavirus. Je prenais 2 comprimés chaque 8 heures durant au moins 6 jours. J’ai vraiment suivi les recommandations avec précision et philosophie. Je me suis dit que tomber malade n’est pas une fatalité, ce n’est pas la fin du monde.

Lefaso.net : Etiez-vous confiné seul dans votre domicile, ça doit être stressant ?

Non, je n’étais pas seul, j’étais avec mes enfants et une servante. Nous étions quatre. Etant donné qu’ils avaient déjà passé quelques jours avec moi avant le résultat du test, ils étaient tous des personnes contactes. Moi j’étais dans ma chambre et chacun des enfants étaient dans des chambres différentes avec le respect rigoureux des mesures de prévention. C’était vraiment difficile avec les enfants qui souvent peinaient à respecter les mesures, si tu ne serres pas la mine avec eux.

Lefaso.net : Comment votre entourage (famille biologique et vos collaborateurs) a accueilli cette nouvelle, celle d’apprendre sur votre page Facebook que vous êtes souffrant du covid-19 ?

J’ai décidé de mettre l’information sur ma page Facebook, car il y avait déjà un cas positif à Dédougou au moment où j’attendais mon résultat. De nombreuses personnes m’ont appelé pour savoir si c’était moi le cas positif, la veille de mon résultat.

Dès lors que le résultat fut disponible, j’ai chargé mon directeur de communication de rendre l’information publique pour que les cas contacts puissent se confiner. J’ai même pu remettre une liste des personnes dont je me rappelais aux agents de santé pour qu’ils puissent appeler et suivre ces cas contacts et leurs conseiller le confinement.

Lefaso.net : Être confiné pour les soins à domicile, ce n’est pas évident avec le voisinage et les connaissances ? Les gens ne venaient-ils pas pour saluer le malade ?

C’est ça la réalité africaine ! Les gens venaient, mais moi je les chassais tout simplement. À d’autres on disait qu’on m’avait évacué à Ouagadougou, pourtant j’étais à la maison pour les soins. C’est absolument nécessaire le changement des comportements et des habitudes face à cette maladie.

Lefaso.net : Psychologiquement vous avez été très fort pour vaincre le Covid-19. A quel moment vous avez été déclaré guéri ?

J’ai été prélevé trois fois pour l’étape de la vérification de ma guérison. Le résultat du premier test était indéterminé. Les deux autres tests étaient négatifs et c’est le samedi 04 avril 2020 que je pris connaissance de la bonne nouvelle. Aujourd’hui, je suis déclaré guéri.

Lefaso.net : Quel mot de sensibilisation à l’endroit des populations qui toujours sceptiques ne croient pas à la réalité du Covid-19 ?

Mes frères et sœurs, mes parents, mes amis, mes connaissances de la région de la Boucle du Mouhoun et de tout le Burkina Faso, le coronavirus est une réalité. C’est une maladie très contagieuse. Mon appel est que chacun respecte les mesures édictées par le gouvernement à travers le ministère de la santé. Il faut respecter ces mesures scrupuleusement.

Le confinement en cas de contact ou de suspicion et le respect de la quarantaine dans les villes concernées. Il faut se déplacer le moins possible et rester à la maison. Ne sortez que lorsque c’est nécessaire. Respecter les mesures de prévention pour qu’on puisse rompre la chaine de transmission de cette maladie grave qui fait beaucoup de décès dans le monde et dans notre pays.

Entretien réalisé par D. LAWALI

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