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Bagassi/Boucle du Mouhoun : La mine sous-terraine qui fait des merveilles

lundi 12 octobre 2020

Dans les cadre de la caravane de presse initiée par le ministère des Mines et des Carrières afin de permettre aux hommes des médias de toucher du doigt les réalités du secteur minier burkinabè, des journalistes étaient le vendredi 9 octobre 2020 à Bagassi, provinces des Balé, région de la Boucle du Mouhoun. Ils ont visité, en compagnie du Ministre Oumarou Idani, la mine sous-terraine exploitée par Roxgold Sanu.

Bagassi/Boucle du Mouhoun : La mine sous-terraine qui fait des merveilles

Dans la commune de Bagassi, située à environ 200 kilomètres à l’Ouest, se situe la mine sous-terraine exploitée par la société canadienne Roxgold Sanu. La seule que compte le Burkina Faso parmi les 17 mines en activité et qui fait la fierté du ministre des Mines et des Carrières. Pour cela, il a bien voulu que les caravaniers découvrent ce site.

Arrivés aux environs de 9h, les journalistes ont eu droit à une présentation de la mine. Le permis d’exploitation date de janvier 2015. Elle s’étend sur 22,89km2 et est entrée en activité en 2016. Au cours de sa première année d’exploitation, la mine a produit 2,335 tonnes d’or. La production va croissante. En 2017 et 2018, ce sont respectivement 3,918 tonnes et, 4,264 tonnes du minerai jaune qui ont été extraits. En 2019, Roxgold Sanu s’est tirée avec 4,566 tonnes d’or. Bien que marquée par la pandémie à coronavirus, la production de l’année en cours est satisfaisante. Au cours du premier semestre, c’est 2,027 tonnes d’or qui sont sortis du sol.

Pour un bon voisinage avec les communautés riveraines, la société a entrepris des actions. Elle a réalisé des infrastructures en partenariat avec la mairie et surtout emploie plusieurs jeunes originaires de la localité. Ce sont 786 personnes qui travaillent directement ou indirectement sur la mine. La majorité est constituée des fils de la localité. Aussi, des cadres réguliers de concertation avec les responsables administratifs et coutumiers ont vu le jour afin de permettre de débattre fréquemment des difficultés.

Des activités génératrices de revenus ont également été initiées au profit des populations. Ainsi 149 ménages bénéficient du programme intensification agricole. « Nous labourons près de 474 hectares gratuitement chaque année pour eux et nous leur distribuons aussi gratuitement 47,4 tonnes d’engrais », a expliqué Bassory Ouattara, directeur développement durable de Roxgold Sanu. Pour promouvoir l’élevage des porcs, la mine a construit 13 porcheries au profit de la population et l’élevage de la volaille ; ce sont 25 poulaillers qui ont été réalisés. Le maraichage est aussi pratiqué grâce à l’appui de la mine. Lors des festivités culturelles dans la localité, les responsables de la mine y prennent part. « Le village est à majorité animiste, nous le sommes avec eux », soutient le directeur développement durable de Roxgold Sanu à Yaramoko.

Plus de 15 milliards de Fcfa versés à l’Etat

La société veut être en conformité avec les lois nationales notamment dans le domaine financier. Ainsi, selon les responsables, en deux ans (2015-2017), ce sont 15 091 273 102 de Fcfa qui ont été versés à l’Etat. Dans le domaine environnemental, la société fait de gros efforts. En effet, ce sont 15 000 plants qui ont été mis en terre en 2019 et elle projette d’en planter 10 000 autres arbres cette année. Près de 91% de ces plantes ont survécu. « Nous avons fait, sur ce qui servait de champs que nous avons récupérés, une zone de conservation », a ajouté Bassory Ouattara. Une plaque informe d’ailleurs les visiteurs que plusieurs espèces de serpents vivent dans cette mini-forêt et soigneusement protégées. « Il est interdit de tuer un animal sauvage ici. Même les serpents. S’ils viennent dans les logements ou les bureaux, nous appelons ceux de l’environnement pour les attraper et les renvoyer dans la forêt », confie Soumaïla Ganemtoré, géologue sur la mine.

Ces actions s’expliquent aisément. D’abord Roxgold se veut une mine citoyenne respectueuse des lois en vigueur et aussi parce que la mine, qui s’étend sur plus de 22 km2, n’est pas avare en gisements. Les Hommes de médias ont pu s’en rendre compte lors de la visite du sous-terrain. C’est dans les entrailles de la terre que les hommes vont chercher le métal jaune. Lors de notre passage, la fosse était à 600 mètres de profondeur. Embarqués à bord de véhicules, les journalistes ont pu constater de visu le travail titanesque qui est abattu au fond du trou. « Avec les déviations et autres mesures, nous parcourons au moins 3 km pour atteindre le fond de la fosse », nous renseigne notre guide. Effectivement, les journalistes ont mis de longues minutes pour descendre dans la cavité.

Des parois solidement soutenues par des roches et des filets, un tube géant conduit l’air à l’intérieur du labyrinthe où des hommes, perchés sur des machines, creusent la terre à longueur de journées et de nuits. « Chacun a 10 heures de travail par jour », précise notre guide. Pendant que certains creusent, d’autres acheminent la terre à l’usine où elle est traitée.

C’est un véritable travail de fourmis qui est fait. Ce qui a véritablement marqué Oumarou Idani. « C’est la deuxième fois que je visite cette mine de Roxgold. Dans cette caravane de presse, nous avons évolué de façon progressive. Nous avons commencé par la recherche, la gestion des titres miniers, la visite des sites miniers aussi bien de produits de substances de carrière que de mines. Aujourd’hui nous terminons en beauté parce qu’après avoir visité des exploitations à ciel ouvert, nous sommes dans une mine sous-terraine.

Après la visite, je retiens surtout les mesures particulières de santé et sécurité au travail. J’ai aussi été impressionné par les exposés qui nous ont été faits sur les capacités de la mine. Enfin, j’ai aussi été particulièrement impressionné par la zone de conservation. Dans une vie antérieure, j’ai été gestionnaire de réserves fauniques. Je suis conservateur de réserve naturelle. Ici, ce sont des espaces qui appartenaient à des gens qui sont utilisés pour faire de la régénération. Nous sommes dans une forêt et il est évident que si nous revenons dans quelques années, on sera vraiment dans une grande forêt », s’est exprimé le ministre des Mines et des Carrières, qui a même suggéré d’ensemencer la zone avec des animaux sauvages et la région de l’Est pourrait être le lieu d’approvisionnement.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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