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Ramadan au Burkina : L’insécurité et la vie chère rendent difficile le jeûne à Dédougou

Lefaso.net

mercredi 13 avril 2022

Les fidèles musulmans de la ville de Dédougou ont entamé le mois de ramadan le 3 avril 2022, à l’instar des autres localités du Burkina Faso. En plus de la forte chaleur, l’insécurité et la flambée des prix des produits alimentaires ne facilitent pas du tout le jeûne dans la cité de Bankuy.

Ramadan au Burkina : L’insécurité et la vie chère rendent difficile le jeûne à Dédougou

Dix jours déjà que les fidèles musulmans ont débuté le jeûne au Burkina Faso. A Dédougou, le mois du ramadan se passe avec beaucoup de difficultés, selon certains pratiquants. Ces difficultés sont liées majoritairement à l’insécurité qui sévit dans la région de la Boucle du Mouhoun et à la flambée des prix des produits de première nécessité.

Selon Amidou Guiro, fidèle musulman et commerçant à Dédougou, le jeûne de cette année est compliqué par rapport aux années précédentes car les produits les plus utilisés pendant le mois de pénitence ont connu une flambée importante. Il s’agit entre autres du mil, du maïs, du sorgho, de l’huile et du sucre pour ne citer qu’eux. « C’est trop cher. Cela fait que c’est difficile. Nous n’arrivons pas à nous procurer les produits nécessaires pour le jeûne » a-t-il lancé avec un air de désespoir.

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Amidou Guiro, fidèle musulman et commerçant à Dédougou

« Par exemple, l’année passée, on achetait le sucre à 750 F, aujourd’hui le prix tourne autour de 900 à 1000 FCFA », ajoute le commerçant de pièces détachées. Pour lui, avec une somme de 5000 francs CFA, il pouvait se procurer du nécessaire pour faire le jeûne facilement, mais cette année cela n’est pas possible.

En plus de la cherté des produits, M. Guiro pointe du doigt la situation sécuritaire qui l’empêche de se rendre au champ pour se ravitailler en fruits afin de réduire ses dépenses du jeûne. « Avant, je pouvais sortir aller là où je voulais, je pouvais aller chercher des fruits comme le tamarin et faire certains aliments, mais cette année je suis contraint de rester ici. Je ne peux plus sortir à 10 km de la ville pour chercher quelque chose à cause de l’insécurité », a-t-il expliqué.

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Grand iman de Dédougou, Almamy Famata Traoré, lance un appel de soutien aux PDI pendant cette période de carême

A l’en croire, l’insécurité a provoqué l’abandon de beaucoup de champs. Ce qui a entraîné la hausse du prix des céréales compliquant du même coup l’alimentation pendant ce mois de ramadan.
Quant au grand iman de Dédougou, Almamy Famata Traoré, il affirme que la difficulté du jeûne cette année se trouve du côté des déplacés internes car selon lui, il faut faire un geste à leur endroit pour leur permettre d’accomplir l’un des piliers les plus importants de l’islam. « L’année passée, il était à l’aise chez lui et aujourd’hui à cause de l’insécurité il est devenu mendiant », a-t-il dit à propos des déplacés internes tout en appelant à les soutenir.

Pour lui, la flambée des prix des produits de première nécessité n’est pas liée au mois de ramadan. « Il y a certains qui disent que c’est à cause du jeûne que les prix ont grimpé, mais ce n’est pas le cas. C’est à cause de l’insécurité », a souligné le grand iman de Dédougou. A l’écouter, non seulement les cultivateurs qui produisaient les céréales sont devenus des déplacés internes, mais aussi ces cultivateurs n’ont pas pu produire. C’est ce qui explique la flambée des prix des céréales. Selon lui tous ces problèmes rendent le jeûne compliqué. Toutefois, il appelle le gouvernement à prendre des mesures pour diminuer les prix des produits comme l’huile et le sucre car, dit-il, « c’est ce qui fait mal ».

Des fidèles entre galère et colère

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Yacouba Zerbo, menuisier à Dédougou

La hausse des prix des denrées alimentaires devient de plus en plus préoccupante dans la cité de Bankuy surtout pendant cette période de ramadan. Pour certain c’est leur première fois d’être confrontés à un tel niveau d’augmentation. C’est le cas de Yacouba Zerbo, menuisier à Dédougou, qui ne cache pas sa colère. « Le jeûne cette année ne va pas parce qu’on n’a jamais vécu ce genre de problème », a-t-il lancé avant d’ajouter : « il n’y a pas à manger donc nous jeûnons tous les jours ». A l’en croire, quand il fait le jeûne, il n’a rien pour rompre à cause, non seulement du manque de moyens mais aussi de la flambée des prix. « Nous supplions le gouvernement de porter un regard sur cette question même après le ramadan », a lancé M. Zerbo.

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Alimata Diarra, commerçante à Dédougou

Tout comme son prédécesseur, Alimata Diarra, commerçante, laisse éclater sa colère. « En cette période de jeûne, on se débrouille, mais cela n’est pas facile. tout a augmenté, » a-t-elle affirmé visiblement mécontente. Pour elle, il faut que les autorités résolvent ce problème alimentaire. « Nous ne pouvons acheter ni du maïs ni du sorgho. Pour le sucre c’est grave », a souligné Alimata Diarra.

Yipénè NEBIE
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