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L’Abbé Emile BOMBIRI : Un régénérateur des terres abandonnées

jeudi 24 août 2017

En mars 2013, l’Abbé Emile BOMBIRI a écrit un livre. Celui-ci, est l’histoire de la famille BOMBIRI à Daboura. Ce livre qui retrace toute l’histoire de la famille BOMBIRI de Daboura a été possible grâce à l’enquête auprès de B. Tuâssi BOMBIRI. Il compte 58 pages. Chrétien ordonné et Prêtre qu’il est, au moment où il s’apprêtait à écrire l’histoire de sa famille BOMBIRI, les Kosso-Sa résidant à Daboura, village de la province des Banwa, dans la région de la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso, il lui est revu à l’esprit ces paroles fortes de feu le Capitaine président Thomas Isidore Noël SANKARA.

L’Abbé Emile BOMBIRI : Un régénérateur des terres abandonnées

Il aimait à lancer aux jeunes ces mots : « Un peuple sans une histoire est un peuple sans avenir ».

Oui, un peuple……… Des hommes constituant une communauté, leur vie, leurs convictions, leurs valeurs……… leurs mœurs, leur identité culturelle, en un mot : leurs propres repères. En perdant ces repères propres, tout homme de ce peuple se retrouve sans repaire. Pire, il devient le repaire fortuit des repères en quête d’expansion aux sombres desseins. Chers lecteurs de ce livre, comme l’Abbé Emile BOMBIRI l’a su bien dit, ces propos dans l’œuvre, sont donc loin d’une apologie de pratiques quelconques d’un autre âge dont les « fruits » qu’ils sont, ne souhaitent pas la réhabilitation ou la réédition. A son sens, il s’agit là, d’un devoir de mémoire auquel la postérité lui en voudrait éternellement d’avoir manqué. Compte tenu de tout cela et de tout le reste, il s’est risqué à mettre par écrit le livre. Vous qui allez lire les lignes du livre, comme l’auteur a dit ceci : « Puisqu’un peuple sans une histoire est un peuple sans avenir … ! », recherchons tous notre histoire dans nos racines !

C’est donc fort de toutes ces réflexions que l’Abbé Emile BOMBIRI, a laissé Tuâssi Barthelemy continuer à lui raconter l’histoire de sa famille dans : l’histoire de la famille BOMBIRI à Daboura’’. Au moment où l’auteur s’apprêtait à clore cette histoire de leur famille BOMBIRI, les Kosso-Sa résidant à Daboura village situé à 17 km de Solenzo, l’Abbé Emile BOMBIRI, a laissé la parole au vieux Yézuma Marcel ; tu peux désormais partir en paix rejoindre les autres et leur dire que la lignée des Kosso-Sa ici à Daboura poursuivra sa route ». a dit l’Abbé Emile BOMBIRI dans les remerciements. Vous qui nous avez lu, si vous n’avez pas encore écrit l’histoire de votre village ou de votre famille, il faut le faire maintenant. Car demain, les petits-fils vous compareront à un baobab qui était planté au milieu du village et qui n’a donné ni ombre ni sauce. Nous l’avons rencontré dans son village natal Daboura, et il nous a accordé cet entretien sur la protection de l’environnement.

Quel est votre profil ?

Je suis heureux de cette interview avec vous, avec faso.net ! Je suis l’Abbé Bombiri, né en 1956, ordonné prêtre en 1984 ; j’ai servi en paroisse 2 ans et j’ai été formateur au petit séminaire pendant trois ans avant d’aller pour l’Italie pour trois années de formation supérieure dans le cadre de gestion des projets ; j’ai fait une formation en sciences économiques et sociales. Depuis lors, je m’occupe seulement de travailler avec les populations au niveau du village ‘’en tant que animateur du monde rural’’.

Nous essayons de mettre en place avec le directeur du centre de formation agro-écologique de Daboura (CFAD) un programme pour former les jeunes afin pour qu’ils puissent sauvegarder l’environnement. Et comme les exemples parlent plus que les paroles, c’est pour ça que j’ai, depuis deux ans déjà, une surface de 2 ha que j’ai eue par le biais de mon papa qui vivait ici. Les arbres ont grandi depuis lors et j’ai appelé ce bosquet BOMBIRI Lansan. Nous sommes venus marquer cet espace avec le cisal pour montrer qu’il est déjà bloqué, défense de bruler et de couper.

Pouvez-vous nous faire l’historique du CFAD ?

Le CFAD est un centre de formation agro-écologique. Il est né de la Maison Familiale Rurale en 2007. J’étais le promoteur à l’initiative des maisons familiales en France que j’avais vues qui jouaient beaucoup sur l’alternance, sur la formation des jeunes ruraux ; au lieu de leur faire faire une scolarité classique qui n’aboutit pas à grand-chose, on leur fait faire une scolarité avec alternance dans les usines, avec les patrons pour qu’ils puissent, à leur sortie, travailler à leur propre compte. C’est cette expérience qu’on a essayé de mettre en place durant 3 – 4 années depuis sa mise en place. Mais c’est avec le programme des 5 jeunes par groupe pour sauvegarder l’environnement que nous avons reconverti tout cela maintenant en intégrant les jeunes à la formation en agro-écologie.

C’est pratiquement ce qui vient de se faire cette année. Et vous allez suivre la sortie des premiers jeunes que nous avons formés en janvier prochain et les jeunes qui seront là, on va essayer de les relancer sur 2 ans encore. Par contre, au sein du CFAD, on a deux types de formations : chez des adultes qui commencent à partir de septembre où nous donnons des cours en agro-écologie faisant aussi des suivis et contrôles, et la formation aux métiers faite avec l’aide de producteurs dans des ateliers de différents ordres : couture, soudure, transformation de produits locaux… Notre rôle et notre vision est de créer un développement à la base pour que les jeunes restent chez eux au village, ayant quoi faire tant en saison pluvieuse qu’en saison sèche.

Avez-vous quelques difficultés pour avoir des partenaires ?

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Pain de singe

‘’Sans difficultés, aucune œuvre ne peut grandir’’. Ça c’est la leçon des choses que nous retenons. Déjà avec le réseau des maisons familiales en France comme au Burkina, nous avons eu des difficultés. C’est ça qui nous a conduit, au bout de sept ans, à nous ouvrir aux nouveaux réseaux Terre et Humanisme de Pierre Habbi qui travaille beaucoup sur l’agro-écologie. L’autre difficulté est la compréhension des services de l’Etat. Aujourd’hui la Direction Provinciale de l’Environnement a bien compris, l’agriculture ça avance doucement, mais les services de l’Etat ça été difficile.

Mais je pense qu’avec le nouveau maire de Solenzo, les choses sont en train d’aller de façon intéressante. Donc, nous les invitons toujours à ce que cette synergie d’action, nous puissions la travailler ensemble. La plus grande difficulté concerne les populations elles-mêmes. Les jeunes ne croient pas et quand ce n’est pas immédiat ils pensent que ce n’est pas possible. Mais nous leur disons qu’au bout de 5 ans même que nous allons observer les fruits de ce que nous avons mis en place. Lui c’est mon neveu, et c’est maintenant qu’il a compris et il possède son champ que vous pouvez voir. Et cela parce qu’il a adopté cette nouvelle pédagogie concernant l’agro-écologie.

Quelles sont les conditions d’accessibilité au centre CFAD ?

Nous demandons à tous ceux qui veulent venir de passer par l’organisation Jeunesse, Environnement et Développement Durable. Car c’est sur cette association que nous nous appuyons pour travailler. Alors si tu n’es pas intégré dans cette association ou que tu n’as personne de tes proches y inscrite, nous ne pouvons pas garantir ta formation parce que le lendemain est incertain. Et c’est à tous de le comprendre ainsi.

Quel est votre objectif pour ce centre sur le plan financier ?

L’argent n’est pas notre but et d’ailleurs que je suis prêtre, je ne l’aurais pas été si je voulais me faire de l’argent. Le but est de créer des chemins, d’ouvrir des routes. Et c’est au directeur du CFAD d’assurer l’autonomie du centre avec les moyens que nous mettons à sa disposition. A la suite du CFAD, nous sommes maintenant aux jardins des femmes. En fait ce jardin est lié au collège ; puisque quand on a lancé le projet de financement du collège, on a intégré cette partie maraîchage et c’est ça qui a propulsé le dossier de financement du collège. Les financeurs dès qu’ils ont vu que c’est les mamans des enfants qui vont animer cette partie de potager en lien avec les élèves ont pris parti. Et ça c’est depuis 2004. Il y a 2 ans, l’association des jardinières a fêté ses dix ans avec 200 femmes au début. Maintenant il n’y a qu’une cinquantaine qui persévèrent. On a six groupes qui marchent ici.

En saison des pluies actuellement, elles cultivent des spéculations de haricots, les sauces locales également. En plus, elles cultivent depuis quelques années des papayes, du manioc. Tout cela va alimenter la nourriture des familles et est notre premier objectif en créant ces jardins, projet mère entre tous les projets exécutés sur le village de Daboura. Les infrastructures sont installées sur chaque parcelle, on a fait construire un puits traditionnel avec un bac qui reçoit l’eau du château d’eau. Et pour alimenter ces châteaux d’eau, nous avons un grand puits à pompe qui est immergé et on a une pompe solaire installée sur un forage et alimentée par des plaques solaires. Il y a un gardien qui s’occupe de la sécurité des espaces et des productions.

David Demaison NEBIE
Lefaso.net

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