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‘’Je place mon mandat sous le signe de la relance économique’’, DRABO Boubacar, maire de Kassoum

LEFASO.NET | David Demaison Nébié

jeudi 13 juillet 2017

Située dans la partie Ouest de la province du Sourou, la commune rurale de Kassoum compte 35 villages et a une superficie d’environ 684 km². Cette localité que nous avons visitée le mardi 13 juin 2017, est située à 25 km à l’Ouest de Tougan sur la route départementale D108, à 115 de Dédougou et 245 km de Ouagadougou sur l’axe Yako.

‘’Je place mon mandat sous le signe de la relance économique’’, DRABO Boubacar, maire de Kassoum

La Commune de Kassoum compte plusieurs groupes ethniques, les plus importants sont les Sanan/Samo, suivis par les Dafing, les Peulhs et les Mossi. Sa population est estimée à 23.438 habitants en 2013. En 2018, la population atteindra 25.374 habitants selon l’INSD et le recensement général de la population de 2006. Autrefois ‘’Kassor’’ aujourd’hui, Kassoum, selon une source bien introduite de Kassoum, l’ancêtre des habitants de cette commune serait un chasseur Samo du nom de KOUSSE venu du Mandé il y environ 400 ans. Kassoum viendrait de l’expression San ‘’kassor’’ qui veut dire en français ‘’m’installer pour vanner le son de mon mil’’. KOUSSE se serait d’abord installé dans un village de Lanfiéra avant de rejoindre le site actuel de Kassoum. Il y a été rejoint par DRABO qui lui était installé à Dian (actuel village de la commune).

Après l’arrivée de DRABO, KOUSSE lui laissa la gestion du village et s’occupait uniquement de la chasse. Il va même quitter Kassoum à un moment donné pour aller s’installer en brousse pour chasser. A son retour, le village était définitivement géré par DRABO. C’est ce qui explique le fait que les DRABO soient chefs de terre et chefs de village. Les patronymes rencontrés à Kassoum sont : DRABO, KOUSSE, TIAMA, WONNI, ZERBO.

Pouvoir traditionnel

Selon notre source, l’analyse de l’organisation sociale est basée sur l’organisation de la communauté Samo, ethnie majoritaire et autochtone de la commune. Chez les Samo, il n’y a pas de pouvoir central fortement hiérarchisé semblable à celui de leurs voisins, les Mossi du Yatenga. Les Samo vivent en clans dans des villages organisés en quartiers. Le système de parenté ou clan en pays San est basé sur l’adoration d’un même fétiche « mère ».

Ce fétiche « mère » représente le lien entre les familles. La filiation est patrilinéaire et l’héritage se fait par agnation. On distingue quatre (4) principaux personnages dans la société Samo : les chefs de village, les chefs de terre, les griots et les forgerons. Les chefs de villages sont les détenteurs du pouvoir politique et juridique. Les chefs de terre ou les fossoyeurs sont les dépositaires du pouvoir coutumier. Ils sont les seuls habilités à creuser une tombe et à enterrer les morts. Les griots, organisés suivant leur caste, sont chargés de l’animation des cérémonies coutumières et des funérailles. Les forgerons sont chargés du travail du fer et de la gestion des conflits sociaux.

La sécurité et le maintien de l’ordre social reviennent aux chefs de terre, dépositaires du pouvoir coutumier et détenteurs des pouvoirs occultes. Ceux-ci sont craints et respectés par la population. L’ordre social est régi par un conseil de notables composé des chefs de terre. La gestion des conflits sociaux incombe aux forgerons en association avec les chefs de terre auxquels ils sont souvent liés par des alliances matrimoniales. Le chef du village s’appelle DRABO Landolo Bakary et le maire DRABO Boubacar. Nous nous sommes entretenus avec ce dernier le mardi 13 juin 2017. Entretien.

Est-ce que Monsieur le Maire peut se présenter ?

Je me nomme DRABO Boubacar à l’état civil. Agent d’agriculture à la retraite. J’ai servi dans cette commune pendant une dizaine d’années avant d’aller à la retraite, le 28 avril 2014.

Quelles sont les infrastructures administratives, économiques et culturelles de la localité ?

Les infrastructures administratives que nous possédons sont la préfecture, l’environnement, l’inspection, et la santé. Au niveau des infrastructures économiques, il y a le marché, 20 boutiques construites par la Mairie, et 4 boutiques privées et au niveau des infrastructures culturelles nous possédons un centre de loisir. Kassoum organise chaque début janvier une lutte traditionnelle.

Votre localité est-elle jumelée avec d’autres localités du Burkina ou de l’extérieur ?

Pour le moment nous ne sommes pas jumelés à d’autres localités du Burkina ou de l’extérieur.

Y’a-t-il des personnalités provenant du village, c’est-à-dire les leaders d’opinions, politiques et économiques et culturelles ?

Ils sont très nombreux mais je me réserve de citer de noms de peur d’en oublier.

Quels sont les grands chantiers que vous voulez réaliser pour la commune de Kassoum ?

Comme je vous l’ai dit, pour avoir servi longtemps dans la commune je connais de quoi souffrent les populations ; surtout sur le plan agricole : production végétale, production animale, tout ce qui touche à l’agriculture. Donc je me suis présenté pour les aider à résoudre ces problèmes.

Sous quel signe placez-vous votre mandat ?

Nous plaçons notre mandat sous le signe de la relance économique de Kassoum. Parce que nous pensons qu’il y a des choses qui ont trainé et qu’il faut relancer. C’est sur l’aménagement hydroagricole. Il y a un potentiel de 3.000 hectares de périmètres aménageables qui peut aider les populations à atteindre l’autosuffisance alimentaire. Donc nous allons nous battre pour que ces aménagements soient effectifs.

Que comptez-vous faire pour améliorer la santé de vos populations ?

Au niveau de la santé nous avons 5 Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) qui sont fonctionnels avec 2 qui sont en voie d’ouverture au cours de l’année 2017 pour aller à 7 Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS). Nous pensons que cela est insuffisant et nous voulons construire d’autres structures sanitaires si tout va bien.

Et au niveau de l’éducation, quelles sont vos ambitions ?

Au niveau de l’enseignement, la commune compte 37 écoles, donc chaque village a son école. Mais la particularité est qu’en 2015-2016 Kassoum était parmi les communes qui ont fait les meilleurs résultats au CEP. Avec tout cela nous avons 59 classes sous paillottes qu’il faut régulariser. Nous espérons qu’avec le programme du chef de l’Etat qui entend normaliser les classes sous paillottes nous serons pris en compte. Sinon c’est un grand défi pour nous pendant les 4 ans qui nous restent. C’est peu mais nous allons faire ce que nous pouvons. Nous comptons beaucoup sur l’appui de l’Etat.

Que comptez-vous faire pour mobiliser les ressources pour la réalisation des objectifs ?

Il faut amener les populations à connaître et comprendre la culture démocratique. Leur montrer leur rôle dans le développement de leur commune et leur faire prendre conscience de la responsabilité dans la direction de leur commune. Pour cela il faut que les sessions soient ouvertes à tout le monde et que les conseillers participent activement aux prises de décisions. Nous avons affaire à des populations en majorité analphabètes avec qui il faut aller progressivement.

Est-ce que les populations acceptent payer les taxes ?

Justement c’est en impliquant les populations dans les prises de décisions qu’elles comprendront le rôle des taxes dans la réalisation des infrastructures. Nous avons le soutien de certains partenaires comme le PNGT. Mais nous pensons que si nous réalisons des infrastructures économiques (boutiques, hangars, centres d’hébergement) à louer, la commune peut engranger des recettes propres et tendre vers l’autonomisation financière. C’est ce que nous voudrons faire comprendre à tous ceux qui sont de la commune.

Quel est votre dernier mot à l’endroit de la population de Kassoum ?

Je veux vraiment que les populations sachent ce que c’est que la démocratie et travailler à aller de l’avant au lieu de se jeter des peaux de bananes. Je considère la commune comme un plat de tôt que nos parents dans les temps posaient au milieu pour que tout le monde mange. Tout le monde entourait le plat et chacun se rassasiait. Je veux que les gens voient la commune comme un plat commun qui ne doit pas se vider. Chacun doit travailler à apporter sa contribution pour son propre bonheur et le bonheur de tous. C’est ça ma vision.

David Demaison NEBIE
Lefaso.net

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